Restauration de la toiture-terrasse
Monument
La villa Trapenard a été conçue par l’architecte Robert Mallet-Stevens pour son ami Jacques Trapenard, avocat et violoncelliste parisien. Figure majeure de l’architecture française de l’entre-deux-guerres, Mallet-Stevens fut l’un des fondateurs, en 1929, et le premier président de l’Union des Artistes modernes (UAM), réunissant des artistes décorateurs et architectes avant-gardistes.

La Villa est située face à l’entrée principale du parc de Sceaux et à son orangerie, dans un quartier dont la tradition architecturale d’avant-garde remonte aux travaux d’André Le Nôtre et de Jules Hardouin-Mansart pour Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV. Réalisée avec un budget modeste dans le cadre de la loi Loucheur pour favoriser la création de logements en grande couronne parisienne, elle s’intègre dans le nouveau quartier pavillonnaire d’inspiration « Cité-jardin » créé sur l’ancien domaine du duc de Trévise acheté par le Département de la Seine en 1923. Ce lotissement accueillera les réalisations de nombreux architectes renommés du XXème siècle : Auguste Perret, Pol Abram, André Lurçat, Paul Nelson ou encore Jean Willerval.
La Villa a connu trois propriétaires successifs depuis 1932, dont les commanditaires Jacques et Marthe Trapenard, et la famille Simpson-Meyer qui y vit actuellement et qui a obtenu son classement au titre des monuments historiques en 2024. Une grande partie de la valeur de l’édifice vient de son authenticité, n’ayant subi aucune transformation depuis sa construction, contrairement à la plupart des réalisations de Mallet-Stevens.
La Villa s’inscrit dans l’histoire de l’architecture moderniste européenne : par son radicalisme fonctionnel, elle rapproche Mallet-Stevens (1886–1945) de ses contemporains Le Corbusier, Mies van der Rohe, Van Doesburg. Dernière maison privée de l’architecte, et sa commande la plus modeste, elle contraste avec ses réalisations pour des clients aisés tels que Paul Poiret, Charles et Marie-Laure de Noailles à Hyères ou Paul Cavrois à Croix.

Elle peut être lue comme un manifeste de l’architecture sociale que Mallet-Stevens n’a pas eu pas l’occasion de développer après la Seconde Guerre mondiale, assumant pleinement la fonctionnalité moderniste et les jeux d’ombre et de lumière.
La maison présente un plan cubiste de 150 m² reprenant le langage du Mouvement moderne (pilotis, fenêtres en bandeau, toit-terrasse, auvents et escalier extérieur en porte-à-faux, hublots, longue coursive linéaire…), avec une configuration urbaine caractéristique de l’époque: rez-de-chaussée dédié aux services, étage surélevé réservé à l’habitation et donnant sur le jardin et la rue. Parmi ses éléments remarquables : deux escaliers emblématiques, un salon lumineux au parquet en mosaïque, des huisseries métalliques à double guillotine, des sols en béton ciré et grès cérame, et des luminaires d’origine.
Le monument, salué dès 1932 par les revues L’Architecte et Architecture d’Aujourd’hui, est inscrit au titre des monuments historiques en 2005 à la suite de la rétrospective du Centre Pompidou sur Mallet-Stevens, puis classé dans son intégralité en 2024 (intérieur, extérieur, parcelle et grille sur rue), témoignant d’une reconnaissance croissante pour l’architecture du XXème siècle.
Projet
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La restauration de la villa Trapenard
L’objectif est de restaurer la villa Trapenard au plus proche de son état d’origine. Si la structure du bâtiment n’a pas subi de modifications majeures, l’intérieur a en revanche été transformé au fil des décennies (faux plafonds, moquettes, luminaires modifiés, modification des couleurs d’origine et du revêtement de la façade, cheminée moderne retirée, toiture-terrasse végétalisée, suppression des poignées de porte, éléments de salle de bain, volets, etc.). Une partie de ces éléments ont déjà été restaurés au cours des dernières années.
Pour guider ces travaux, des recherches approfondies ont été menées par les propriétaires actuels auprès de leurs prédécesseurs, des archives de la BNF, de la ville de Sceaux et du département des Hauts-de-Seine. Les descendants de la famille Trapenard ont été retrouvés, permettant de réunir des photographies des années 30 représentant les premiers occupants dans la maison et son jardin tels qu’ils étaient à l’origine.
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L’ouverture au public et la sensibilisation aux troubles cognitifs
La villa Trapenard n’a jamais été ouverte au public de manière systématique depuis sa construction. La famille Simpson-Meyer, animée par un attachement fort au patrimoine, souhaite faire connaître cette œuvre unique de Mallet Stevens au public avec :
– L’aménagement d’un espace d’accueil
Le garage situé dans le jardin, construit dans les années 50 (postérieurement à la villa et donc non attribuable à l’architecte Mallet Stevens) sera transformé en lieu d’accueil dédié au public et accessible aux personnes à mobilité réduite. Ce lieu servira pour des activités pédagogiques et culturelles liées aux recherches sur le monument.
– La restauration et la transformation du jardin

La piscine installée dans les années 90 sera purgée afin de restituer le tracé paysager d’origine conçu par Mallet Stevens. Dans ce tracé restauré sera créé un jardin sensoriel, volet central du projet d’ouverture au public.
Ce jardin sensoriel sera le support d’une mission de sensibilisation aux troubles cognitifs chez l’enfant, cause qui tient particulièrement à cœur aux propriétaires à titre personnel. Ces troubles, encore largement méconnus du grand public, concernent pourtant plusieurs centaines de milliers d’enfants en France.
Leur invisibilité entraîne des retards de diagnostic et de prise en charge, ainsi qu’une stigmatisation des enfants qui en souffrent. Elle contribue également à sous-estimer les besoins en accompagnement individuel — soutien scolaire adapté, thérapies orthophoniques, psychomotrices, psychologiques — dont dépend pourtant la qualité de vie de ces enfants.
Travaux
Les travaux de restauration portent sur la maison et son jardin et se résument en quatre volets :
- Restauration de l’enveloppe de la maison (toiture terrasse, façades, menuiseries métalliques)
- Récréation du tracé d’origine du jardin comme dessiné par Robert Mallet-Stevens en 1932 (suppression de la piscine, bâtie postérieurement)
- Transformation du garage en lieu d’accueil pour le public.
- Restauration et réaménagement du jardin

Les chantiers prioritaires identifiés (1er volet) concernent la restauration de la toiture-terrasse, qui présente des infiltrations avec fuites jusqu’au mur du premier étage, le ravalement de la façade, pour préserver l’édifice des effets du temps, et la restauration des huisseries métalliques d’origine, dont le mécanisme à double guillotine intégré dans les murs est particulièrement complexe.
L’ouverture d’une collecte en mai 2026 concerne ainsi uniquement la restauration des toitures-terrasses, dont l’état sanitaire présente aujourd’hui des pathologies préoccupantes engageant à court terme la conservation même du monument. Les photographies aériennes anciennes permettent d’identifier un système de dalles gravillonnées sur plots, qui assurent une surface plane et propre, idéale pour l’usage de solarium de ces espaces extérieurs. Lors d’une intervention tardive, ce dispositif a été profondément modifié : les dalles ont été supprimées et remplacées par une couche de terre végétale d’environ 15 cm d’épaisseur (épaisseur confirmée par sondage), reposant sur une étanchéité bitumineuse aujourd’hui vieillissante.

Cette transformation a introduit une surcharge structurelle estimée à environ 250 kg/m² (étude du bureau d’étude TESS en 2024), non prévue dans les calculs d’origine.
Ce dispositif entraîne aujourd’hui plusieurs risques majeurs :
- Une surcharge excessive susceptible d’engendrer des désordres structurels ;
- Une diminution de la hauteur réglementaire des garde-corps, rendant l’usage de la terrasse non sécurisé ;
- Un risque accru d’infiltrations par stagnation d’eau ;
- Une fragilisation générale de l’étanchéité.
Des infiltrations ont d’ores et déjà été constatées par les propriétaires, notamment dans la chambre principale, et constituent le symptôme d’un dysfonctionnement global de l’étanchéité des toitures-terrasses. À défaut d’intervention rapide, ces désordres sont susceptibles de s’aggraver et d’affecter d’autres espaces intérieurs, mettant en péril l’intégrité architecturale et patrimoniale du bâtiment.
L’enjeu majeur de l’intervention consiste à retrouver le fonctionnement d’origine du toit-terrasse, dans le respect exigeant de l’architecture de Mallet-Stevens, tout en garantissant sa pérennité technique.
Les travaux projetés, objet de la DAT déposée le 12 février 2026, comprennent :
- La dépose complète de la terre végétale ;
- La dépose des complexes d’étanchéité existants sur les deux toitures ;
- La mise en œuvre d’une isolation en polyuréthane à pente intégrée ;
- L’application d’une nouvelle membrane bitumineuse d’étanchéité ;
- La mise en place d’un revêtement de finition en dalles sur plots conforme au principe d’origine documenté par les photographies historiques et observé dans des réalisations contemporaines à la Villa Trapenard ;
- La vérification et le rétablissement d’une hauteur proche des normes réglementaires des garde-corps après suppression de la surcharge.
Ces interventions ciblées permettront de supprimer les causes structurelles des désordres, de restituer la lecture architecturale claire des deux volumes de toitures-terrasses (l’une accessible, l’autre non), et d’éviter toute interprétation erronée future, la villa n’ayant jamais comporté de toiture végétalisée dans sa conception originale.
Ces travaux seront organisés pour permettre la restauration des niveaux du jardin d’origine avec suppression de la piscine.

Qui sommes-nous
François Meyer, médecin, et Jacob Simpson, enseignant, sont propriétaires de la Villa Trapenard, qu’ils occupent avec leur fille Lucia depuis 2021.
De par notre parcours professionnel et personnel on a cœur de sensibiliser les gens au patrimoine bâti du XXème siècle et aux troubles cognitifs. Cette maison et son jardin sont le parfait écrin pour mettre en œuvre ce projet.
Contreparties
En application de la réglementation en vigueur, les dons versés dans le cadre d’une opération de mécénat affecté à des travaux sur monuments historiques privés ouvrent droit à une réduction d’impôt :
- Pour les particuliers : 66 % du montant du don vient en réduction de l’impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
- Pour les entreprises : 60 % du montant du don vient en réduction de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, dans la limite de 20 000 € ou de 5 pour mille du chiffre d’affaires annuel lorsque ce dernier montant est plus élevé.
L’éventuel excédent est reportable pendant cinq ans.
Nous partageons un attachement au patrimoine et avons eu un coup de coeur pour ce bijou moderniste en cherchant un lieu pour se sentir bien en famille après avoir été confiné à Paris pendant le Covid.