Restauration de la longère
Monument
L’habitation l’Ermitage est une demeure créole à vocation agricole fondée vers 1664 sur les hauteurs de Trois-Rivières en Guadeloupe. Ces terres furent concédées par le gouverneur Charles Houël à leur premier propriétaire, Pierre Millet.
S’étendant sur plus d’une centaine d’hectares, la propriété est acquise en mai 1768 par Jean-Jacques Carra de La Villarde, conseiller au Conseil supérieur de la Guadeloupe, qui lui donne son nom actuel.
Transmise à son neveu Duquéruy, celui-ci, royaliste, est contraint à l’exil durant la Révolution française, d’abord en Martinique puis en Angleterre. Il cède finalement l’habitation à Pierre Texier de Lavalade le 18 décembre 1812.
Sous l’impulsion de la famille Texier, l’exploitation se transforme en sucrerie entre 1815 et 1848 ; la maison principale et ses dépendances sont édifiées en 1848.
En juin 1896, Jean-Baptiste Numa Collin de la Roncière acquiert le domaine et le transmet à sa fille Laurence, épouse de Leopoldo Petrelluzzi, capitaine au long cours originaire de Meta, près de Naples en Italie. Armateur, ce dernier sillonne l’Atlantique, transportant soufre, blé et les richesses de la Caraïbe — café, sucre, rhum et bois précieux.
La propriété se distingue par un environnement tropical naturel remarquable : une majestueuse allée de palmiers royaux, un araucaria de plus de douze mètres, et un Sacré-Cœur tourné vers la mer. Une source, au pied de la montagne, alimente un ingénieux réseau hydraulique, où subsiste notamment le dernier bassin couvert en pierre de lave de Guadeloupe.
De caféière au XVIIIème siècle, puis bananeraie, l’Ermitage est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 21 janvier 2004. Outre la maison de maître (classée au titre des monuments historiques en 2006), quelques dépendances subsistent.
L’objet de cette première restauration concerne une dépendance anciennement dédiée aux cuisines et à la buanderie. Baptisée « la longère » pour sa silhouette allongée, cette construction en bois est accessible par des escaliers en pierre de lave.

Projet

Raviver la mémoire du patrimoine créole pour transmettre un héritage vivant aux générations futures : telle est l’ambition qui guide ce projet de restauration.
Cette restauration permettra de sauver les bâtiments ainsi que leurs abords en restituant, autant que possible, l’équilibre d’un écosystème autonome tel qu’il existait à l’époque.
Ce projet s’inscrit dans une démarche de sauvegarde des dernières habitations traditionnelles de la Guadeloupe témoins précieux d’une histoire et d’un art de vivre aujourd’hui disparus.
L’objectif à terme est d’ouvrir la visite au public, afin de devenir un lieu de découverte et de transmission. Intégré à une dynamique de valorisation touristique, il s’adressera tant aux Guadeloupéens qu’aux visiteurs de passage, notamment à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine.
Au-delà de la restauration elle-même, le projet entend également perpétuer et transmettre des savoir-faire ancestraux, en valorisant les techniques spécifiques aux territoires ultramarins. Il offrira ainsi un cadre d’apprentissage et de sensibilisation pour les jeunes générations comme pour tous les passionnés de patrimoine.
Soutenir cette initiative, c’est contribuer à la sauvegarde d’un pan essentiel de l’histoire guadeloupéenne et à faire vivre, aujourd’hui et demain, le patrimoine créole.
Travaux

La maîtrise d’œuvre de cette opération a été confiée à Nathalie Ruffin, architecte du patrimoine. Le projet est mené en étroite collaboration avec les services des Monuments Historiques et de l’Architecture de la Direction des Affaires Culturelles de Guadeloupe.
Fortement dégradé à la suite du passage du cyclone Maria, le bâtiment nécessite une intervention rapide. En l’absence de consolidation, il demeure particulièrement vulnérable à de nouveaux aléas climatiques susceptibles d’aggraver son état.
Le programme de travaux s’articule en deux phases distinctes.
La première phase porte sur une double approche : d’une part, la restauration des élévations extérieures, menée dans le respect scrupuleux des dispositions d’origine afin de restituer fidèlement l’aspect ancien de la bâtisse ; d’autre part, la réhabilitation des espaces intérieurs, lui conférant une fonction de logement, évocatrice de son ancien usage en tant que cuisine et buanderie.
La seconde phase vise à restaurer en profondeur l’édifice, dont le soubassement présente des fractures ponctuelles. Elle comprend la mise hors d’eau et hors d’air du bâtiment, ainsi que son réaménagement complet en logement doté de tout le confort nécessaire. Cette étape fera l’objet d’un appel au don spécifiquement dédié à la restauration (hors réaménagement).
Qui sommes-nous
Nous – Aliciane (23 ans) et Ysalis (27 ans) – sommes la cinquième génération depuis le coup de cœur de notre arrière-grand-père Léopoldo Petrelluzzi pour cet endroit incroyable.
L’Habitation l’Ermitage est bien plus qu’une propriété : c’est le fil vivant de notre histoire familiale, l’ancrage profond de nos racines créoles.
C’est un paysage habité de souvenirs, les images lumineuses de notre enfance, une mémoire précieuse que nous portons en nous, malgré la distance – entre La Réunion, où nous avons grandi, et la métropole.
Aujourd’hui, nous sommes cette nouvelle génération animée par un même élan : celui de préserver, restaurer et transmettre. Faire renaître ce lieu, c’est redonner vie à une part de nous-mêmes, mais aussi partager ce patrimoine avec d’autres, afin qu’il continue d’exister, de vibrer et d’émouvoir.
À travers ce projet, nous souhaitons prolonger une histoire, mais aussi en écrire la suite – avec vous. Car faire revivre l’Ermitage, c’est lui offrir un avenir, et permettre à ce lieu chargé d’âme de continuer à traverser le temps.
Contreparties
En application de la réglementation en vigueur, les dons versés dans le cadre d’une opération de mécénat affecté à des travaux sur monuments historiques privés ouvrent droit à une réduction d’impôt :
- Pour les particuliers : 66 % du montant du don vient en réduction de l’impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
- Pour les entreprises : 60 % du montant du don vient en réduction de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, dans la limite de 20 000 € ou de 5 pour mille du chiffre d’affaires annuel lorsque ce dernier montant est plus élevé.
L’éventuel excédent est reportable pendant cinq ans.