Restauration des toitures de l’aile Nord
Monument
Construit à la fin du XVIIème siècle sur une ancienne demeure fortifiée et agrandi au milieu du XVIIIème siècle, baigné par la Dives et entouré de douves, le château de Carel et les bâtiments qui l’entourent forment un ensemble classique élégant que renforce la pureté des lignes de son colombier octogonal du XVIème siècle.

De style Louis XIII-Louis XIV en forme de U faussement symétrique, il se remarque par ses proportions harmonieuses, la couleur ocre de ses pierres, l’alternance de lucarnes cintrées et de fenêtres à fronton triangulaire, ses toits à la Mansart en tuiles et ardoises soulignés par de légers coyaux.
Carel se situe aux confins du Pays d’Auge à Saint-Pierre-Sur-Dives dans le Calvados, à 35 km de Caen et 21 km de Lisieux. Face au château, une large avenue bordée de deux doubles rangées de tilleuls, replantés en 2004 et 2005 à la suite de la tempête de 1999, offre une perspective déjà visible sur les cartes de Cassini.
Construit par Nicolas Lejeune écuyer du Roy, repris par ses créanciers puis par la Famille Laillier qui l’agrandit en 1753, le château appartient au XIXème siècle à Louis-Alphonse de Brébisson, botaniste et photographe normand reconnu. Ses clichés de Carel sur plaques de verre sont répertoriés dans la base Mérimée.
En 1880, le château devient la propriété du baron Brunet trisaïeul d’Anne Serrat actuelle propriétaire avec son mari. Adolphe Brunet était officier de Marine, officier d’ordonnance du prince Napoléon-Jérôme dit « Plonplon » et grand chambellan de la princesse Clotilde son épouse ; il fut conseiller général du Calvados.
Occupé sans interruption par différentes unités de l’armée allemande entre juillet 1940 et juillet 1944, l’intérieur du château a été très endommagé. Les bombardements alliés du 9 juillet 1944 ont soufflé les couvertures et les fenêtres du corps central, de l’aile nord et du colombier. La couverture de l’aile nord – objet de notre projet – a été refaite « avec les moyens du bord » en 1949 grâce aux dommages de guerre.
Depuis sa reprise par Anne et Jérôme Serrat en 2011, le château est le lieu de nombreuses animations culturelles.

Projet
Le château est ouvert pour les Journées Européennes du Patrimoine depuis leur création en 1984. Le domaine s’ouvre au public en 2014: extérieurs et colombier se visitent chaque été (groupes sur réservation toute l’année).

L’association « Carel Environnement et Patrimoine » créée en 2022 (90 membres en 2025) a pour objet de défendre le cadre de vie du château (5 projets éoliens dans un rayon de 6 km) et d’animer Carel en organisant des événements sur le site :

- Le colombier et la grange voisine offrent l’écrin nécessaire pour le salon du livre du château de Carel dont la troisième édition se tiendra le 23 mai 2026 sur le thème «Histoire et Patrimoine».
- Un cinéma en plein air sponsorisé par le département du Calvados se déroulera le 1er août 2026 pour sa cinquième édition ; A l’affiche : «EN FANFARE» film d’Emmanuel Courcol ; deux fanfares seront présentes.
- Le château participe chaque année à «Pierres en Lumières», une occasion originale, promue par le Département, de valoriser le patrimoine en nocturne. Au-delà de l’illumination du site, l’association propose des conférences : les «colombiers du pays d’Auge» (Paul et Marie France Barabé) en 2023 et «le château de Carel une vraie demeure philosophale» par l’herméneute Stéphan Levacher en 2025 qui nous a révélé l’intérêt des hauts-reliefs de la façade.
- Enfin, le site est mis à disposition du Rallye du Cœur qui collecte des fonds pour la recherche sur les cancers pédiatriques via «Imagine for Margo». Plus de 130 véhicules de collection ou de prestige étaient présents le 11 octobre dernier. Près de 1800 visiteur sont venus et 120 000 € de dons ont été collectés. La prochaine édition aura lieu le 10 octobre 2026.
A court terme notre projet est de construire des sanitaires en dur pour accueillir nos visiteurs. Puis de rénover la grange pour disposer d’une salle d’exposition/réception.
Sans aide, il faudra reporter ces projets de quelques années…
Travaux
Le diagnostic pour la DRAC et l’avant-projet de nos architectes ont décrit d’importantes pathologies au niveau des toitures de l’aile nord du château. La toiture à bout d’usage n’assure plus son étanchéité et menace la pérennité de l’ouvrage. Trop longtemps repoussée en raison des sommes nécessaires, cette restauration impose une restauration à neuf de la couverture avec des matériaux et une mise en œuvre de meilleure qualité que ceux utilisés pour la couverture actuelle. De significatives interventions sur la charpente, le remplacement des lucarnes et des reprises de maçonnerie en raison du tassement des fondations sont aussi nécessaires.

Couverture : Les nouvelles ardoises seront gris-bleu type bassin d’Angers, de dimension 300×200 mm, épaisseur 4,5 mm, taillées avec épaufrures, posées au clou carré cranté en cuivre. L’habillage des frontons, des lucarnes, les membrons et l’arête faîtière seront réalisés en plomb.

© B. Fizelier
Charpente et menuiseries : Les travaux sur les charpentes ou les menuiseries viseront à conserver le maximum de bois d’origine. Les parties abîmées seront remplacées au cas par cas avec des bois de chêne. Les lucarnes seront rénovées ou remplacées à l’identique avec pose de carreaux de verre étiré.
Maçonnerie : les clés des frontons de lucarne risquent de tomber et la grande cheminée présente un dévers important. Au-delà des greffes, réparations et rejointoiements des pierres, des tirants (tige inox) seront encastrés dans les traverses-bois des menuiseries pour conforter les 5 grandes lucarnes et stabiliser leur déversement. Les claveaux de 7 frontons seront déposés, remis en place et calés. La cheminée sera déposée et reposée correctement avec vérification du tirant.
Un échafaudage type « parapluie » ceinturera l’aile nord pendant 7 mois avec une tour d’échafaudage dans la pelouse de l’avant-cour et une passerelle aérienne pour franchir les douves et accéder au chantier ; le pont-levis étant jugé trop fragile.
Qui sommes-nous ?
Depuis la reprise formelle de cette propriété familiale en 2011 avec l’accord de nos deux fils, nous nous sommes beaucoup investis pour l’entretenir et la faire vivre avec leur appui.
Au-delà de souvenirs familiaux et de notre attachement au charme et à l’élégance de cette maison, cette restauration répond aussi à la volonté de transmettre un patrimoine viable et d’offrir un très beau cadre à nos événements.
Chaque euro va compter. Vu les sommes en jeu et le montant de l’apport personnel nécessaire, le financement est très tendu. C’est un investissement significatif que nous préparons depuis longtemps.
- Difficile de laisser tomber cette maison quand on pense à l’engagement de nos anciens. Le château appartient à la même famille depuis 1880 et à chaque époque tout le monde s’est mobilisé pour pérenniser la propriété. La seconde guerre mondiale a été particulièrement éprouvante. La grand-mère d’Anne Serrat, l’actuelle propriétaire, a hérité du château par donation d’un oncle en 1941. Déjà veuve, elle a subi l’occupation allemande pendant toute la guerre, les bombardements alliés et les réparations dans le contexte difficile de l’après-guerre. Ce dévouement nous oblige.
- Un frein sérieux aux animations futures. Très clairement, les ressources mobilisées dans cette toiture risquent de retarder, voire de condamner, la réalisation des projets déjà évoqués.
Charme et élégance ! Des mots souvent prononcés par nos visiteurs. Des mots qui résonnent en nous et qui nous motivent à partager notre attachement à cette propriété en la faisant vivre. Transmettre ces émotions, davantage comme dépositaires d’un legs que comme simples propriétaires est un défi.
Contreparties
En application de la réglementation en vigueur, les dons versés dans le cadre d’une opération de mécénat affecté à des travaux sur monuments historiques privés ouvrent droit à une réduction d’impôt :
- Pour les particuliers : 66 % du montant du don vient en réduction de l’impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
- Pour les entreprises : 60 % du montant du don vient en réduction de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, dans la limite de 20 000 € ou de 5 pour mille du chiffre d’affaires annuel lorsque ce dernier montant est plus élevé.
L’éventuel excédent est reportable pendant cinq ans.
Une attention particulière pour chaque mécène.
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