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SAUVONS NOS MONUMENTS !

La Demeure Historique et son réseau d’entrepreneurs Audacieux du Patrimoine ont publié un communiqué de presse mercredi 31 mars 2021. Ils demandent la réouverture des monuments historiques privés.

Retrouvez le communiqué de presse.


SAUVONS NOS MONUMENTS !

Partout en France, les lieux de culture et leurs acteurs sont à l’agonie.
Parmi eux, les monuments historiques privés et leurs propriétaires-gestionnaires
sont au bord de la rupture.

 

Un an après le début de la crise sanitaire, seuls les parcs et jardins historiques peuvent rouvrir leurs portes au public. Une réouverture qui n’en est pas réellement une puisque les bâtiments qui sont au cœur de l’intérêt de la visite restent encore fermés et que les animations culturelles ne peuvent s’y tenir librement, y compris en extérieur.

Avec des trésoreries mises à mal par une année de restrictions et d’interdictions, la seule ouverture des parcs et jardins n’est pas viable et l’absence de visibilité sur la réouverture des bâtiments inquiète les propriétaires-gestionnaires de monuments historiques. « Il n’y a pas une semaine où je ne reçois pas un coup de fil d’un propriétaire me disant qu’il jette l’éponge, qu’il va vendre son bien car il ne peut plus payer l’entretien et les charges. » alerte le président de la Demeure Historique, Olivier de Lorgeril.

Alors que l’on sait, par une étude allemande[1], que le taux de contamination dans les lieux culturels est inférieur à celui des lieux actuellement ouverts (écoles, supermarchés, etc.), et qu’aucun cluster n’a été détecté dans les monuments historiques suite aux réouvertures avec protocole sanitaire de l’été 2020, les animations sont exclues ou limitées dans ces sites, pourtant majoritairement situés dans de vastes espaces, à la campagne et au grand air.

En complément des aides publiques qui doivent être maintenues au regard des conditions d’accès très limitées pour les populations confinées (1/3 des Français), la Demeure Historique demande solennellement la réouverture de tous les monuments historiques privés (intérieurs comme extérieurs) :

  1. Pour le maintien d’un pan entier de l’offre culturelle de notre pays : avec l’arrivée du printemps, et après un an de privations des libertés, la culture apparaît plus que jamais comme une bouffée d’oxygène vitale pour nos concitoyens. La filière du patrimoine doit recommencer à jouer son rôle d’acteur socio-culturel, qui propose une offre de proximité diversifiée, vivante et enrichissante ouverte à toutes et à tous.

  2. Pour la sauvegarde du patrimoine national : sans recettes, les travaux d’entretien et de restauration des monuments historiques sont reportés. Or, tout retard dans un programme de travaux a de lourdes conséquences pour la préservation du patrimoine, d’autant que leur programmation est inenvisageable à défaut de visibilité sur les prochains mois.

  3. Pour la survie du tissu économique et le développement des territoires : pour sauver des milliers d’emplois non délocalisables, faire vivre la filière du patrimoine et maintenir des centaines de commerces locaux, souvent en zone rurale, dont l’activité dépend de celle des monuments historiques accueillant du public.

  4. Pour partager la nature et la beauté avec nos concitoyens : permettre aux Français, confinés depuis plus d’un an, de (re)découvrir leurs sites patrimoniaux dont l’art, la beauté et la nature ainsi que les nombreuses animations festives sont capables de contribuer à enrayer la crise humaine et psychologique profonde qui se fait jour.

Nos monuments historiques et leurs acteurs subissent de plein fouet la fermeture des lieux culturels, alors que ceux-ci sont prêts à rouvrir, dans le plus strict respect des mesures sanitaires. À l’aube de la saison 2021, la situation de ces sites patrimoniaux, de leur filière et du tissu économique et social qui en dépend est grave. Si aucune réouverture n’est envisagée, elle risque de devenir irrémédiable.

 

[1] KRIEGEL Martin, HARTMANN Anne, Covid-19 Ansteckung über Aerosolpartikel, Technische Universität Berlin. Février 2021. https://depositonce.tu-berlin.de/handle/11303/12578